8. L’ÉCLOSION

Afin de poursuivre le chemin vers la réconciliation avec moi-même, j’ai souhaité en juillet 2017, prendre contact avec une équipe médico-chirurgicale parisienne pour, conjointement à mon parcours libre, emprunter la route du parcours officiel.

Avant de pouvoir prétendre à l’accès à la chirurgie de réassignation génitale et de féminisation, il faut se soumettre en France, à ce que l’on appelle un « diagnostic différentiel » réalisé par un médecin psychiatre du réseau officiel qui confirmera, en quelques consultations, votre dysphorie de genre.

J’ai donc reçu un énorme questionnaire à remplir et à renvoyer avant mon tout premier rendez-vous.

À la fois complet et complexe, j’ai voulu prendre mon temps pour y répondre. C’était pour moi l’opportunité de pouvoir, pour la toute première fois, coucher sur le papier toute la souffrance accumulée depuis tant d’années et de poser des mots sur le mal-être qui me rongeait depuis toujours.

Il m’aura fallu trois jours pour réaliser de la manière la plus sincère et authentique cette introspection.

Psychologiquement, ce n’est pas évident de gérer cette remontée en surface d’un flux énorme d’émotions, longtemps enfouies, refoulées au plus profond de soi et que ce questionnaire libère comme un lâcher de barrage. Vous êtes littéralement submergé par vos sentiments.

Organisé comme une biographie, ce questionnaire segmente et passe en revue de manière chronologique et minutieuse, toutes les facettes de votre vie et le vécue de votre dysphorie, tel un scanner cérébral découpe par tranche successive chaque image de chaque portion de votre encéphale.

C’est en septembre que j’ai rencontré ce médecin psychiatre pour débuter mon expertise médicale.

La consultation s’est vraiment très bien passée. J’ai eu l’impression d’avoir été réellement entendue et comprise.

Pourtant, l’exercice n’était pas facile pour moi, car certaines questions précises sur ma vie intime me donnaient le sentiment de me retrouver complètement nue face à lui. J’éprouvais un peu de gêne de devoir m’expliquer sur des questions que d’ordinaire, on ne confie pas à des inconnus.

Moi qui cultivais le secret, là, je devais tout révéler de moi !

Après avoir passé le cap de cette étape difficile, j’ai ensuite ressenti beaucoup d’empathie et de bienveillance, émanant de cette personne.

Il semblait très intéressé par mon histoire de vie et notamment par le fait que ma fille m’avait apportait immédiatement son soutien. Ce fait précis lui semblait complètement inédit au regard de la documentation générale sur la Transidentité.

Je me souviendrai toujours de sa phrase, lorsqu’il m’a dit : – « Mais vous savez que ce que vous me dites là, çà n’existe pas ? ».

J’ai d’abord cru qu’il pensait que je mentais et que je lui racontais des cracks, mais non, il voulait tout simplement me signifier que ce type de situation singulière n’avait jamais été recensée et référencée dans les études réalisées sur la compréhension de la dysphorie de genre. Il désirait ne pas en rester là et souhaitait vivement « médiatiser » d’une façon ou d’une autre cette information nouvelle.

Depuis ce moment, j’ai ressenti une grande relation de confiance s’établir entre nous.

Je pense avoir convaincu rapidement cet expert psychiatre de la légitimité de ma demande, car il aura fallu seulement trois rendez-vous pour qu’il me donne son approbation et soumette mon dossier à la RCP du réseau parisien (Réunion de Concertation Pluridisciplinaire) réunissant l’endocrinologue et la chirurgienne, afin qu’ils me donnent le feu vert pour la suite, à savoir l’accès à la chirurgie.

Parallèlement à ce passage obligé, lorsque l’on décide de faire un parcours officiel, ce début d’été 2017 aura été aussi de manière bien plus légère, celui de mon premier passage au salon de coiffure pour me faire une couleur et structurer quelque peu mes cheveux.

Enfin, le plaisir d’arriver en étant féminine a cent pour-cent dans un lieu qui vous est réservé. Pouvoir être juste soi-même et profiter de ce petit moment de réconfort.

De nouveau être une femme parmi les femmes. Du pur bonheur !

L’accueil des deux coiffeuses de ce petit salon à été si chaleureux, qu’immédiatement, je me suis senti à l’aise et décontracté.

Quelle agréable sensation d’être aux petits soins entre les mains expertes de professionnelles, qui avec passion, essayent de sublimer votre féminité pour que celle-ci s’exprime bien au-delà du miroir ! Ce sont des faiseuses de petits bonheurs.

En effet, en début de transition, nous avons souvent une image encore très critique envers nous-même. Nous ne sommes pas tendres avec le reflet de notre glace. Nous avons comme une sorte de calque de l’image masculine d’avant, qui, tel un filtre visuel, se superpose automatiquement sur le reflet de notre nouvelle image corporelle naissante. Nous ne pouvons nous empêcher, de nous fixer sur certains traits de notre visage, qui pour nous, semblent encore nous trahir, alors qu’en réalité, le changement corporel s’amorce déjà tranquillement et gomme gentiment au fil des mois cette ancienne image.

Alors ces soins, qui vous magnifient, revêtent une réelle importance, bien supérieure au sens premier de l’esthétisme. Ils contribuent à soigner vos blessures du passé et vous apprennent tout simplement à enfin vous aimer.

Toujours à la même période, avec mon ALD en poche, j’avais décidé de me rendre sur Paris, dans un cabinet de dermatologie, pour poursuivre les séances de laser que j’avais déjà commencé pour éradiquer les poils noirs de mon visage, mais surtout aussi, des séances d’épilation électrique, appelées communément électrolyse, pour les poils blancs. C’est un complément obligatoire, lorsque l’on a malheureusement comme moi, des poils blancs sur le visage qui échappent au traitement laser.

Cette démarche est essentielle dans l’accompagnement médical de la transition. C’est le seul moyen efficace pour éradiquer de manière définitive ces poils indésirables.

Après avoir établi un devis plus une évaluation des soins à accomplir avec la dermatologue, le traitement pouvait enfin commencer.

Avant chaque séance d’épilation, il faut raser le jour-même la zone à traiter et surtout, bien suivre scrupuleusement les recommandations comme ne pas s’être exposée au soleil quelques jours auparavant et surtout, se présenter sans aucun maquillage avant le soin.

Dans ce cabinet, contrairement à ce que j’avais déjà expérimenté ailleurs, la douleur est quasi inexistante. Les praticiennes utilisent un système d’air réfrigéré qu’elles diffusent sur le visage de manière simultanée avec les tirs du laser. Cela anesthésie complètement la zone traitée. Ensuite, elles vous apposent des poches de glaces qu’elles laissent en place quelques minutes, puis vous appliquent une crème apaisante.

En revanche, pour l’électrolyse, il ne faut pas se raser soixante-douze heures avant chaque séance afin de permettre au praticien d’attraper un à un chaque poil blanc avec une pince à épiler avant l’introduction de l’aiguille. Ce n’est pas hyper douloureux, mais l’on ressent tout de même un petit quelque chose.

J’ai été impressionnée et agréablement surprise par la rapidité d’exécution du praticien et sa dextérité. Je ne pensais pas qu’il irait aussi vite.

Visuellement, c’est un peu impressionnant, car au milieu de son halo lumineux, se trouvait une petite vitre dans laquelle je voyais parfaitement toute la scène. Ressentir et voir, ce n’est pas tout à fait la même chose !

Et puis finalement, au bout de quelques minutes, je me suis rapidement habituée à cette nouvelle sensation cutanée, rythmée par le son incessant du signal émis par l’électrode à chaque follicule pileux traité.

Puis le temps passe tranquillement. De temps à autre, on vous repasse une compresse imbibée de désinfectant puis, à la fin de la séance, on vous applique une crème apaisante.

Personnellement, j’ai trouvé que ce n’était pas si douloureux que çà. Je m’attendais à bien pire ! Mais il faut l’admettre, nous ne sommes pas toutes égales face à la douleur.

Le ressenti est vraiment propre à chacune d’entre nous.

Ainsi, entraînée de rendez-vous en rendez-vous, de consultations en consultations et de soins en soins, j’étais lancée tête baissée dans une nouvelle dynamique à un rythme effréné, partagée entre mon travail à plein temps et les démarches nécessaires à ma transition.

Je ne réalisais pas encore à quel point, j’étais déjà en train d’éclore.

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5. UN HOMME A L’ESSAI

De l’extérieur, j’étais perçu comme un jeune homme ordinaire, plutôt mignon et sans problème.

Pourtant, derrière cette façade d’illusion et ce calme apparent, persistaient en réalité un gigantesque tourment et une immense solitude.

J’étais absolument seule, face à moi-même, traînant ma dysphorie, telle une malédiction, un sortilège que l’on ne peut conjurer.

Je ne me suis jamais confié à personne, JAMAIS !

Incapable d’ouvrir ma bouche pour m’exprimer sur mon mal-être et tenter de me libérer de cette pression interne. J’ai au contraire, au fil des années, épaissi ce secret avec des couches successives de béton armé sur les strates de ma vie.

Comme si, ma prison corporelle ne suffisait pas, j’ai bâti une forteresse imprenable, semblable à un barrage mental, complètement étanche.

Je me suis isolée toute seule ! Et mon silence nourrissait mon désespoir.

Au point que, lorsque je suis devenue jeune adulte, j’étais totalement résignée, ayant perdu tout espoir de pouvoir me réaliser un jour.

C’est dans cet état d’esprit que j’ai abordé l’avenir qui se profilait devant moi.

J’ai d’abord fait mon service national dans la marine, milieu masculin à cent pour-cent.

Pour moi, cela représentait une immersion dans l’enfer de la testostérone. Heureusement, dans cette épreuve, j’ai réussi à occuper un poste de maître d’hôtel, avec des responsabilités liées à la gestion du carré des officiers et d’un hôtel, bien loin des fusils d’assaut et des rangers.

Éloignée de la vie de caserne, protégée un peu, car étant proche de mon domicile, je pouvais rentrer souvent chez moi pour y trouver refuge.

Puis, libérée de mes obligations militaires, j’ai commencé à enchaîner de petits boulots et des formations.

C’est au cours d’une formation d’aide à la personne, que j’ai rencontré une personne exceptionnelle, nommée Jacqueline, qui allait devenir, bien plus tard, mon épouse.

Moi qui d’ordinaire, ne fréquentais absolument personne et n’envisageais aucune relation ; le destin en a décidé autrement !

J’ai littéralement et immédiatement reconnue en elle mon âme sœur.

Je ne pensais pas un jour, pouvoir aimer quelqu’un et ressentir des sentiments aussi forts au travers de mon épaisse carapace.

Elle a fait fondre mon blindage et a su toucher mon cœur.

Nous avons une différence d’âge. Elle à douze ans de plus que moi. Mais l’amour n’en ayant pas, cela ne m’a jamais dérangé.

Elle est mon premier réel grand amour, et ma rencontre avec elle, a bouleversé ma vie à jamais.

En découvrant l’Amour, j’ai cru à cet instant faire table rase de mes conflits internes et être en voie de guérison.

Heureuse comme jamais, ce bonheur partagé avec ma compagne a soigné mes blessures et m’a fait entrevoir un avenir inespéré !

Cette trêve avec ma dysphorie était temporaire, et j’ignorais alors, que toujours présente, mais en arrière-plan, elle reviendrait sur le devant de la scène, plus forte, et par vagues successives.

Notre relation de couple, est devenue de plus en plus sérieuse et durable et nous nous sommes dirigées vers une vie commune.

Parallèlement, sous la pression sociale, il était temps pour moi, de rentrer dans le moule préétabli et de devenir quelqu’un de responsable.

Lorsque j’ai commencé ma formation d’aide-soignante, j’avais enfin réussi à retrouver cet univers que j’aimais tant, où je me sentais si bien : le milieu féminin.

Être au milieu des femmes, c’était pour moi, comme être une femme parmi les femmes. Être tout simplement une d’entre elle.

Puis le bonheur, à frappé à ma porte une seconde fois, pendant mes études, et je suis devenu le papa d’une adorable petite fille que nous avons appelée Maeva !

Porté par l’amour des miens, et mes nouvelles responsabilités, j’ai assumé ce rôle pleinement, tête baissée…

Entre temps, la trêve, qui en réalité n’en était pas une, a cessé complètement, et pour moi, ce fut un retour case départ. Cette fois-ci, encore plus difficile à gérer, car elle n’engageait plus uniquement ma petite personne, mais ma nouvelle famille, mon petit foyer.

À maintes reprises, j’ai failli trouver l’opportunité, le bon moment, pour me confier à ma femme. Mais je n’étais pas prête psychologiquement et chaque fois, je reportais mes tentatives, me retranchant derrière des excuses non-valables, mais qui justifiaient de maintenir le silence, ce secret, appartenant à mon vieux mécanisme de défense, bien rôdé et entretenu, depuis des décennies.

J’étais repartie de nouveau dans ma spirale infernale !

Pour tenter d’apaiser et de diminuer ma dysphorie, parfois, je me réfugiais à l’extrême dans le genre masculin, allant jusqu’à me laisser pousser la moustache, alors que je déteste çà !

Ou à l’inverse, lorsque l’occasion se présentait à moi, j’achetais secrètement, des vêtements féminins, pour profiter de ces moments, et être pleinement moi.

Malheureusement, je souffrais de cette espèce d’identité clandestine, jamais reconnue, toujours existante, uniquement dans l’ombre de mon miroir.

J’aime bien utiliser comme image, pour expliquer ce vécu avec la dysphorie de genre, celle du bouchon de liège, que l’on peut essayer désespérément de plonger au fond de l’eau (l’eau représentant l’inconscient). Malgré tous vos efforts, il finit toujours par remonter à la surface avec au moins la même force que vous lui avez soumis.

La dysphorie n’est pas linéaire, mais vous assène selon des amplitudes variables, des retours en force, par vagues successives.

Ainsi, pendant de nombreuses années, j’ai essayé de survivre à tout çà, en cultivant une image androgyne de moi.

Elle me permettait d’étouffer un peu moins dans mon corps et d’apaiser cette souffrance, sans créer pour autant une onde de choc autour de moi. Un peu comme une sorte de compromis.

Je voulais préserver ma famille, mon foyer, et ne pas perturber l’équilibre et le développement psychologique de notre enfant.

Étant passée par-là moi-même, je ne voulais pas exposer notre fille, et encore moins à ce stade difficile de l’adolescence.

Mais ensuite, ma dysphorie s’est amplifiée au point que, malgré mon caractère sage et raisonnable, le barrage mental que j’ai érigé durant toutes ces années a définitivement cédé.

Je ne voulais plus vivre dans la compromission et les faux-semblants.

Je ne voulais plus souffrir !

Mon genre est féminin, c’est à ce genre auquel j’appartiens et à nul autre !

Le masculin me fait souffrir, le féminin lui, m’épanouit !

Concernant la sexualité, je n’ai jamais été trop porté sur la relation charnelle. Mais j’ai toujours associé l’acte sexuel à l’expression d’une preuve d’amour, un partage avec la personne aimée.

La vue de mes organes génitaux externes me dérange fortement, car comme le reste de mon corps, ils affichent à l’extérieur, le contraire de ce que je suis réellement à l’intérieur !

Je dois bien avouer que j’ai toujours été « Un Homme à l’essai », pas vraiment à la hauteur.

Cela a soulevé beaucoup d’interrogations à ma femme, et hélas, de questions sans réponse de ma part pendant de longues années.

Puis, j’ai commencé à consulter un psychiatre pour parler de ma dysphorie, en me disant que cette personne serait à même de me comprendre, sans me juger, tout en restant neutre. Ce fût effectivement le cas, son soutien m’a aidé à verbaliser les choses refoulées en moi.

Malgré tout, le désir de modifier mon apparence physique pour la rendre conforme à mon genre désiré continuait son expansion, sa révolution intérieure.

En 2015, j’ai tenté de m’épiler moi-même à la lumière pulsée, en suivant le cycle pilaire, pour éradiquer ce signe extérieur de masculinité, objet de tant de souffrance et de rituels de rasage au quotidien.

Après plus d’une année de traitement avec de bons résultats sur mon corps, mais non-probants sur mon visage, j’ai décidé de m’adresser à des professionnels du laser fin 2016.

Ses résultats encourageants, ont-ils amorcé un déclic, un point de non-retour ? Je ne sais pas ?

Mais une dynamique nouvelle à vue le jour, et m’a donné la force de faire mon coming-out auprès de mes proches. Chose inenvisageable jusque-là !

J’ai dit tout simplement à ma femme et à ma fille que j’avais une sensibilité féminine et que mon côté androgyne cachait en réalité mon identité profonde.

J’ai dit aussi que j’avais toujours été comme çà depuis mon enfance et que j’avais toujours été sincère dans mes sentiments envers elles, que c’était pour moi une souffrance intérieure, étouffée par la pression sociale.

Elles ont plutôt bien réagi à mes propos. Ma femme regrette que je ne lui aie pas confié cela avant. J’ai répondu que c’était une épreuve difficile pour moi. Que je n’aurais pas imaginé un jour pouvoir me délivrer de ce poids intérieur.

Ma fille à été très compréhensive et fit preuve d’une grande tolérance. Une complicité supplémentaire, un rapprochement avec elle, s’est créé depuis mon coming-out ! C’est un être d’une grande sensibilité, intelligente et très belle. J’en suis extrêmement fière.

Depuis, leur soutien me donne la force d’avancer et me permet d’avoir davantage confiance en moi et d’exprimer plus librement ma féminité en situation réelle.

À présent, c’est moi qui souhaite rattraper le temps perdu.

J’ai 47 ans… Je veux vivre pleinement ma vie de femme dans le genre désiré.

AVANT-PROPOS

J’ai décidé de rédiger ce petit livre témoignage afin de partager avec vous les grandes étapes de ma transition.

À la façon d’un journal de bord, « Ma (Re)naissance » retracera de manière chronologique le cours de ma vie depuis ma petite enfance jusqu’à présent.

Loin des standards littéraires, je souhaite avant tout que ce livre soit simple, sincère et qu’il vous permette d’explorer à travers mon récit, les souffrances et les difficultés engendrées par ce que l’on nomme « La dysphorie de genre ».

Même s’il existe autant d’histoires de vie qu’il y a de personnes, le point commun qui réunit beaucoup de « Transgenres », c’est cette blessure profonde, ce tourment intérieur lié à notre perception corporelle et mentale de non-reconnaissance de notre identité de genre par rapport à celle qui nous est assignée à la naissance.

C’est au regard de cette douloureuse constatation que je souhaite essayer de transmettre le plus fidèlement possible le vécu intérieur d’une personne prisonnière d’un corps qu’elle ne reconnaît pas comme sien.

Devenant progressivement une prison redoutable qui vous enferme de plus en plus et vous réduit à ne plus être que l’ombre de vous-même, la seule libération possible à cette véritable gangue physique passe par le processus de la transition médico-chirurgicale.

Bien sûr, toutes les personnes « Transgenres » ne souhaitent pas forcément suivre un seul et même chemin qui mène vers une remise en adéquation de leur identité de genre avec leur identité profonde ; certaines choisiront uniquement de suivre un traitement hormonal substitutif à vie. Tandis que d’autres auront recours en plus à des interventions chirurgicales afin de leur permettre de se réaliser totalement.

L’essentiel, finalement, est de se débarrasser complètement de cette souffrance intolérable qui ronge de l’intérieur les personnes dysphoriques pour enfin, laisser place au bonheur, à cette joie simple, de vivre et de s’aimer soi-même .

Ainsi, derrière ce terme générique de transition, se cache en réalité une multitude de facettes qui regroupent la complexité et la diversité que constitue l’unité d’un être humain. C’est pourquoi, au travers parfois d’anecdotes ou de situations de la vie quotidienne, je tenterai de vous transmettre cette notion de challenge et de défi que représente un parcours « libre » ou « officiel », et de l’énergie considérable que doit déployer une personne lancée dans cette dynamique libératrice.

Je tiens aussi à préciser que ce livre est un témoignage personnel et qu’à ce titre, il n’a pas vocation à être représentatif de l’ensemble de la communauté Transgenre.

Prenez le temps de lire tranquillement chaque petit chapitre, afin de découvrir mon histoire, celle de ma vie passée d’avant transition et celle de « Ma (Re)naissance », symbole d’espérance emprunt de liberté et du bonheur retrouvé.